La Conférence de Paris s'est tenue les 5 et 6 février et avait pour objectif de faire le point sur la protection des enfants dans les conflits armés.
A cette occasion, 30 ONG, 58 Etats et 70 représentants d'organisations intergouvernementales ont réaffirmé avec force leurs inquiétudes concernant le sort des centaines de milliers d'enfants qui sont encore recrutés de force pour combattre un peu partout dans le monde.
BILAN : Deux textes fondamentaux ont été adoptés par les participants.
En premier lieu, les Principes de Paris qui dépoussièrent les Principes du Cap de 1997 ont intégré le fruit de dix années de labeur en matière de réintégration d'enfants et de prévention du phénomène des enfants soldats.
Ces Principes de Paris, veulent consitituer une véritable référence universelle applicables de fait à l'ensemble des futurs programmes de démobilisation d'enfants-soldats.
Trois points essentiels ont été mis en avant :
1. Les filles soldats vont dorénavant être traitées plus en accord avec le statut spécifique qu'elles occupent dans les mouvements armées. Autrement dit, leur réinsertion devra être spécifiquement adaptée aux sévices sexuels subis et aux traumatismes inévitables qui en résultent.
2. Les communautés d'accueil sont mis en avant par les Principes qui leur accordent une place de choix en estimant que ceux-ci doivent constituer le principal pilier de réinsertion des enfants.
3. La lutte contre l'impunité est considérée par les Etats comme une priorité indiscutable. Ainsi, aucun recruteur d'enfants debra répondre de ses actes devant le tribunal adéquat. Il ne sera plus possible de passer sous silence le rôle ignoble joué par ceux qui recrutent ces enfants de force et les exploitent.
Aux Principes de Paris, il convient d'ajouter les Engagements de Paris, déclaration politique signée par les 58 Etats présents à la Conférence (dont 9 Etats africains et non des moindres puisque le Libéria, la Sierra Leone ou encore le Soudan sont au nombre des signataires).
Ces Engagements se veulent le gage de la réelle volonté des gouvernements de s'investir plus avant dans la lutte contre l'utilisation d'enfants lors de conflits.
Les principales évolutions de ce texte portent sur la libération sans condition des enfants recrutés, le contrôle des ventes d'armes légères, l'importance de la justice réparatrice et de la réinsertion sociale, la protection des enfants réfugiés, l'inclusion de la question des enfants soldats dans les accords de paix et la mise en place de programme de démobilisation et de réinsertion d'enfants le plus tôt possible, même si le conflit n'a pas encore pris fin.
Au final, il semble qu'il soit possible de considérer la Conférence de Paris comme un réel succès puisque les Pricipes et le Engagements de Paris constitue une avancée d'importance en matière de lutte contre l'enrôlement d'enfants dans les conflits armés. Nénamoins, cette acertion doit être nuancée car il reste beaucoup à faire. On peut notamment penser au fait que la Conférence de Paris n'aura pas permis, une fois de plus, d'aborder le thème des enfants recrutés au sein des armées gouvernementales; De plus, il est incontestable qu'il reste beaucoup à faire pour lutter contre la non-prolifération des armes légères.
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